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L’instant tanné

29 février. Un jour planté quelque part au milieu des vacances. Un jour dépassé par une actualité chargée, douloureuse, abjecte.

C’est aujourd’hui que le gouvernement, faisant fi des oppositions, des critiques et de la quantité d’incohérences pointées dans son projet de loi relatif à la réforme des retraites décide de s’asseoir sur ce qui pouvait demeurer de principes démocratiques en usant du 49.3.

Toujours la même désinvolture, toujours la même évacuation gonflée de dédain des mouvements de protestations. Des dizaines de corps de métiers investis depuis des mois dans des actions non-violentes réprimées sans ménagement jusqu’à aboutir aujourd’hui à cette dénégation pure et simple de la parole citoyenne.

Toujours les mêmes offrandes au grand capital, aux grands patrons, à la finance. Toujours le même gazoil infecte qu’on injecte dans ce moteur usé, ce moteur pipé dont les émanations n’engendrent que souffrances, exclusions, destructions. De la misère pour des millions et des millions pour une dizaine.

Ce 29 février, comme chaque jour depuis bientôt trois ans, nous sommes confrontés à ce discours, ces envolées d’un lyrisme redondant qui veut nous faire entendre le projet sociétal indispensable et oh combien pertinent de nos gouvernants. Dans les faits, tout ce qui est mis en oeuvre contribue à saccager l’espoir, néglige les urgences vitales à notre devenir, dégrade la solidarité, dilapide le bien et les services publics, fragilise les plus faibles et les institutions qui s’attachent à les protéger et sombre toujours plus profondément dans la corruption et la violence. Tout cela pour entretenir un modèle qui tient d’un vaste fantasme glorifié de concert par les médias détenus par les premiers bénéficiaires de cette mascarade.

C’est ce même 29 février qu’on crache sur les victimes de violences, de contraintes, d’abus et de viols. Accusé des pires ignominies : viol sur mineur, sodomie, fourniture d’une substance prohibée à une mineure, actes licencieux et débauche, relations sexuelles illicites et perversion, Roman POLANSKI se retrouve consacré par partie de ses pairs. Des récompenses pour un monstre dont aucun talent ne saurait justifier le moindre égard ni la moindre reconnaissance.

Dans ces deux cas, on se retrouve face à ces individus, à cette caste gonflée d’un sentiment de toute puissance que ni la justice, ni la voix populaire ne semble pouvoir combattre… et pourtant.

À l’issue d’une telle journée, on pourrait trouver du réconfort à attendre demain. Hélas, tout indique que nous n’en sommes plus là et qu’il convient de se battre pour ce lendemain par crainte qu’hier, inlassablement, se répète.

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